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LA RECHERCHE EN SCIENCES HUMAINES

L'analyse topographique

26 Septembre 2009, 02:08am

Publié par I.S.

L'analyse topographique a pour but de « décrire les divers éléments formant le relief » (Archambault, 1967). Elle consiste à extraire de la carte topographique le maximum d'informations utiles à une étude géographique. Cette démarche exige, outre la maîtrise de la lecture de la carte, l'utilisation d'un vocabulaire typique et précis dont les termes sont minutieusement définis.

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La carte topographique est un document contenant des informations diverses figurées sous une forme planimétrique. Elle renseigne sur différents phénomènes pouvant permettre d'étudier les problèmes d'habitat, et principalement l'habitat rural. L'analyse doit donc s'intéresser à ces problèmes afin de dégager des éléments d'appréciation et d'explication susceptibles de faciliter leur compréhension.

De manière générale, l'analyse topographique consiste à dominer les faits, classer et trier les informations de la carte afin de répondre aux questions que l'on se pose. En d'autres termes, l'analyse revient ici à une synthèse de diverses informations.


I - L'introduction du commentaire

En introduction, on localise d'abord la carte et présente le contexte régional (dans quelle région on se situe ?). Pour cela, deux supports peuvent être indispensables : le croquis topographique et la coupe topographique. Le croquis topographique est une simplification en plan de la carte destinée à faire ressortir les principaux éléments du relief. Quant à la coupe topographique, il s'agit d'une représentation du relief suivant un plan vertical. Mais la présentation se basera plus sur ce dernier support, le premier étant parfois facultatif et destiné juste à fournir une vue panoramique de l'espace à étudier. On donne donc des renseignements sur :

-          la feuille topographique : nom de la carte, échelle, date d'édition... ;

-          la coupe topographique réalisée : les coordonnées cartographiques (les PC), l'orientation du profil, sa longueur ;

-          la méthodologie adoptée : les modalités de choix des échelles (Hauteurs et Longueurs).


II - La description topographique

C'est l'identification des différentes unités du relief. On appelle unité de relief la partie de la carte dotée d'un relief homogène (vallée, plaine, plateau, etc.). La description d'une unité s'effectue en prenant en compte les éléments suivants : taille, localisation, orientation, altitude moyenne, importance et densité du réseau hydrographique. Le vocabulaire doit être simple (vocabulaire courant) mais précis et sans connotation explicative.

La description topographique est un décodage de la carte. Son but est de formuler des questions, poser des problèmes auxquels l'étude géomorphologique (en deuxième année) apportera des réponses. Elle exige la connaissance des définitions des termes topographiques et des aspects du relief révélés par la carte ou le paysage. On distingue deux types de définitions topographiques :

-          celles qui s'appliquent à des formes élémentaires de relief ;

-          celles qui concernent des types de relief constitués par la combinaison des formes élémentaires.


1 - Les formes élémentaires de relief


Un versant : c'est une surface inclinée dominant le talweg d'une vallée. Les formes des versants sont  déterminées par les variations de pente. La pente d'un versant se caractérise par :

-          sa valeur (° ou %) : les courbes sont cotées, on peut donc évaluer le % d'une pente à partir d'une mesure sur la carte en courbes de niveau. Une pente est dite :

o   insensible quand l'angle qu'elle forme est compris entre 0 et 3° (soit 5%)

o   Faible quand l'angle qu'elle forme est compris entre 3 et 10° (18%)

o   Moyenne quand l'angle qu'elle forme est compris entre 10 et 27 ° (51%)

o   Forte quand l'angle qu'elle forme est compris entre 27 et 35-40° (70-83%)

o   Très forte quand l'angle qu'elle forme est compris entre 35-40 à 90°  (+ 85%)

o   La pente est dite surplomb quand son angle est supérieur à 90° (+95%)


-          et sa forme qui peut être concave, convexe, rectiligne, convexo-concave. Par conséquent, on distingue deux types de formes : les formes simples et les formes composites.

Parmi les formes simples, on a :

o   Le versant rectiligne : pente constante, écart constant des courbes de niveau sur la carte

o   Le versant concave : la pente décroît constamment (l'écart augmente vers le bas)

o   Le versant convexe : la pente croît constamment. 


Parmi les formes composites, on a :

o   Le versant convexo-concave (point d'inflexion)

o   Le versant convexe-rectiligne-concave

o   Le versant à corniche : la partie supérieure en pente forte surmonte la partie inférieure en pente nettement plus faible.


Un interfluve : c'est un relief compris entre deux vallées. Relief résultant du recoupement de deux versants le long d'une ligne de points hauts, la ligne de faîte (ensemble des points hauts d'un interfluve). On parle de croupe lorsque le recoupement des deux versants est plus ou moins aigu, et de crête lorsque l'interfluve a une forme convexe vers le ciel.

 

Un sommet : c'est le point culminant d'un relief.


Un abrupt : c'est une pente très raide se rapprochant de la verticale. L'abrupt désigne en général toutes les pentes de plus de 70° (+85%).


Un talus: c'est une pente reliant deux reliefs plans, d'altitudes différentes. Un talus se définit par son tracé (rectiligne, sinueux, festonné (éperons / indentations) ; son profil (concave, rectiligne, convexe) ; son commandement (différence d'altitude entre le sommet et la base du talus). Un talus raide est généralement désigné sous l'appellation d'escarpement.


Une corniche: c'est une pente très raide située à la partie supérieure du talus.


Une colline : c'est un relief de faible énergie, plus ou moins circulaire, à sommet arrondi et à versants en pente douce.


Une butte: c'est un relief de faible énergie à sommet plat et versants raides dans la partie supérieure. La butte est également appelée mamelon.


Une dépression : c'est une surface dominée par des reliefs plus élevés et où les rivières ne s'encaissent pas.


Une cuvette : c'est une dépression fermée vers le fond de laquelle convergent l'ensemble des pentes. En d'autres termes, la cuvette est une dépression de terrain sans écoulement vers l'extérieur.


Une rupture de pente : c'est un changement brutal de la valeur de la pente d'un versant sans changement de sens.


Un replat : c'est un espace limité par deux ruptures de pente au sein d'un versant.


Etc.


2 - Les types de relief


La plaine

C'est une surface plane ou légèrement ondulée, où les interfluves sont réduits à des reliefs très faibles : les dénivellations sont faibles et les pentes infimes. La plaine se différencie du plateau par le non encaissement du réseau hydrographique. Elle peut comporter une pente sensible ; on parle dans ce cas de plaine inclinée.


Le plateau

C'est une surface plane ou légèrement ondulée au sein de laquelle le réseau hydrographique est encaissé. On le caractérise par son altitude, son inclinaison, l'encaissement des rivières, la forme des vallées et des versants, l'intensité de la dissection hydrographique. Un plateau est dit tabulaire lorsque sa surface est particulièrement plane. On parle de plateau ondulé lorsque de petits cours d'eau, affluents des rivières principales, viennent découper sa surface.  Les plateaux étagés (d'altitude croissante dans une certaine direction) se raccordent entre eux ou avec une plaine par des talus. Lorsqu'un plateau est disséqué, c'est-à-dire découpé par des vallées rapprochées, il passe à un relief de collines. Une colline est appelée butte lorsqu'elle est isolée. Son sommet arrondi est appelé mamelon.


La montagne

En géomorphologie, l'usage du terme « montagne » est très vague car certaines régions de plateau sont parfois qualifiées de montagnes. C'est le cas du Massif Central français. On définit la montagne comme la partie saillante de l'écorce terrestre, d'une grande étendue, d'un commandement (hauteur) important (plusieurs centaines de mètres) et aux pentes prononcées.

 

D'une manière générale, il sied de retenir qu'une montagne combine les trois caractéristiques suivantes :

-          de fortes dénivellations

-          une altitude élevée

-          un relief marqué par des pentes raides.

 

Dans l'analyse topographique des régions montagneuses, les caractéristiques essentielles à mettre en exergue sont l'orientation des crêtes, leurs formes, leurs versants, la forme de leurs fonds et les rapports entre leur orientation et celle des crêtes.


La vallée

 

Considérée à la fois comme un élément de relief et type de relief caractéristique, la vallée est une dépression allongée parcourue ou façonnée par un cours d'eau (vallée fluviale) ou un glacier (vallée glaciaire). Il existe des vallées sèches c'est-à-dire occupées jadis par un cours d'eau mais qui ne le sont plus aujourd'hui : c'est un cas fréquent  dans les régions calcaires.

 

On distingue plusieurs types de vallées :

-          une vallée en V est une vallée fluviale dont le talweg se confond avec le lit mineur du cours d'eau ;

-          une vallée en berceau dispose d'un fond un peu plus large ;

-      une vallée alluviale a un fond plat, assez large et parcouru par un cours d'eau au tracé souvent sinueux ou divaguant (le tracé du cours d'eau se déplace latéralement si la rivière n'est pas encaissée) ;

-           une vallée en U ou auge glaciaire est une vallée qui a été façonnée par un glacier ;

-          une vallée suspendue est une vallée débouchant sur un abrupt ou une pente forte ;

-          une gorge ou vallée en gorge est une vallée étroite aux versants rocheux escarpés ;

-          un vallon est une petite vallée affluente, longue ou pas de quelques kilomètres au maximum ;

-          une vallée morte est une vallée parcourue d'antan par un cours d'eau dont le trajet a été détourné de la vallée par capture.



Pour aller plus loin :



- M. Archambault, R. Lhénaff et J.R. Vanney, Documents et méthodes pour le commentaire de cartes (tome 1), Paris, Masson, 1967.
- De Martonne. E, Cholley. A, Interprétation géographique de la carte d'Etat-major, Paris, Armand Colin, 1934.
-  E. Jaurand, "La codification et l'institutionnalisation d'un exercice canonique", in G. Baudelle et alii : Géographes en pratiques, P.U.R., 2001.